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CCTP et DPGF : le guide pour arrêter de rédiger dans l'urgence

Un CCTP rédigé la veille de la consultation, une DPGF que les entreprises remplissent n'importe comment, des devis incomparables à décortiquer pendant des heures. Voilà ce qui arrive quand ces deux documents sont traités comme une formalité. Ce n'en est pas une.

Vous rédigez le CCTP la veille de l'envoi du DCE, en copié-collé d'un ancien projet. La DPGF est un tableau vierge que chaque entreprise remplit comme elle l'entend. Et vous passez trois jours à comparer des devis qui ne parlent pas le même langage. Ce scénario est banal dans les agences. Pourtant, c'est le document en amont qui détermine la qualité de tout ce qui suit.

Ce que le CCTP doit faire et ce qu'il ne doit pas faire

Le Cahier des Clauses Techniques Particulières est le document qui décrit les ouvrages à réaliser : matériaux, finitions, performances attendues, mode d'exécution. Son rôle est d'éliminer toute ambiguëté sur ce que vous attendez de chaque entreprise. Un CCTP bien rédigé réduit les questions pendant la phase de consultation, prévient les litiges en cours de chantier, et vous protège si une entreprise prétend avoir réalisé une prestation non prévue.

Ce qu'il ne doit pas être : un document générique copié d'un projet antérieur sans adaptation. Chaque chantier a ses spécificités. Un CCTP qui fait référence à des contraintes ou des matériaux qui ne correspondent pas au projet en cours crée de la confusion et des devis mal cadrés.

Structurer le CCTP lot par lot pour des réponses exploitables

La structure la plus efficace pour un CCTP est une organisation par lot, dans le même ordre que votre DPGF. Pour chaque lot : un rappel du périmètre (ce qui est inclus, ce qui ne l'est pas), une description des ouvrages attendus avec les références techniques pertinentes, les normes applicables si nécessaire, et les points d'attention spécifiques au chantier (contraintes d'accès, présence d'amiante, mitoyenneté, etc.).

Cette structure lot par lot permet à chaque entreprise de lire uniquement ce qui la concerne, et à vous de vérifier rapidement que rien n'a été omis. Elle facilite aussi la mise à jour : si vous ajoutez un lot ou modifiez le périmètre d'un lot existant, vous savez exactement où intervenir.

La DPGF : l'outil qui rend les devis comparables

La Décomposition du Prix Global et Forfaitaire est le tableau que vous envoyez aux entreprises pour qu'elles chiffrent leur offre ligne par ligne. C'est elle qui détermine si vous pourrez comparer les devis reçus ou si vous devrez tout décortiquer manuellement.

Une DPGF efficace est structurée en lignes numérotées, avec pour chaque ligne : une désignation précise de la prestation, l'unité de mesure (m², ml, unité, forfait), et une quantité. L'entreprise n'a qu'à indiquer son prix unitaire et son total. Avec cette structure, la comparaison se fait colonne à colonne : même prestation, même unité, prix différents. Les écarts sont visibles immédiatement et explicables.

Si vous laissez les entreprises structurer elles-mêmes leur réponse, vous obtenez six fichiers avec six découpages différents. Comparer devient un travail de reconstruction que vous n'avez pas le temps de faire correctement, et votre client ne comprend pas pourquoi le moins-disant n'est pas forcément le bon choix.

Les erreurs les plus fréquentes dans les CCTP et DPGF

La première erreur est le copier-coller sans relecture. Des références à des matériaux non disponibles, des prestations mentionnées dans le CCTP absentes de la DPGF, des incohérences entre les deux documents : autant de sources de confusion pour les entreprises, et de litiges potentiels en cours de chantier.

La deuxième erreur est l'omission des prestations d'interface. Qui prend en charge la dépose des revêttements existants avant intervention du carreleur ? Qui bouche les réservations après passage des réseaux ? Ces zones grises entre lots génèrent des contestations (« ce n'était pas dans mon lot ») et des reprises coûteuses. Énoncer explicitement dans le CCTP qui fait quoi pour chaque interface élimine ces discussions avant qu'elles n'arrivent.

La troisième erreur est la DPGF trop vague. « Travaux de plomberie : forfait » ne donne aucune information à l'entreprise sur ce qu'elle doit chiffrer. Chacune interprétera différemment, et vous ne pourrez pas comparer. Décomposez en lignes aussi précises que possible : alimentation eau froide, alimentation eau chaude, évacuations, appareillage, tests de mise en pression.

Construire ses documents types pour gagner du temps sur les projets suivants

Passer plusieurs heures sur un CCTP à chaque nouveau projet est évitable. La bonne pratique est de construire, projet après projet, une bibliothèque de clauses types par lot et par type de travaux. Rénovation d'appartement haussmannien, extension en bois, réhabilitation de local commercial : les spécificités sont différentes, mais les structures de base se réutilisent.

De même pour la DPGF : un modèle par type de chantier, que vous adaptez plutôt que de recréer. Ce travail en amont prend du temps la première fois et en fait gagner à chaque projet suivant. Pour aller plus loin, notre guide sur le DCE détaille comment assembler l'ensemble des pièces écrites et graphiques qui composent un dossier de consultation complet.

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Kalm vous permet de structurer votre consultation d'entreprises, de stocker vos documents par projet et d'envoyer votre DCE directement depuis la plateforme. Moins de fichiers épars, plus de clarté pour comparer les offres.

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