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Statut juridique architecte : EI, EURL, SASU, SARL ou SAS ?

EI, EURL, SASU, SARL, SAS : les avantages, limites et critères de choix de chaque statut pour s'installer comme architecte sans erreur stratégique.

Le choix du statut juridique d'un architecte conditionne votre fiscalité, votre protection sociale, votre responsabilité personnelle et votre capacité à embaucher ou à vous associer. Quatre options dominent en pratique : l'entreprise individuelle (EI), l'EURL, la SASU si vous exercez seul, et la SARL ou la SAS dès que vous vous associez. La micro-entreprise reste théoriquement possible mais elle est rarement adaptée au métier d'architecte à cause des plafonds de chiffre d'affaires et de l'assurance décennale obligatoire. Voici les critères qui doivent vraiment guider votre décision, sans jargon, et ce que change concrètement chaque structure au quotidien.

Pourquoi la micro-entreprise convient rarement aux architectes

Sur le papier, la micro-entreprise séduit : pas de comptabilité lourde, des charges sociales calculées sur ce que vous facturez, une création en quelques minutes. En pratique, elle pose trois problèmes pour un architecte. Le premier, c'est le plafond de chiffre d'affaires fixé à 77 700 euros HT pour les prestations de services. Vous l'atteignez vite avec deux ou trois projets de maison individuelle bien dimensionnés, et vous basculez en TVA puis hors micro sans avoir anticipé les conséquences fiscales.

Le deuxième, c'est l'absence de déduction de charges. Vos cotisations à l'Ordre, votre assurance décennale, vos abonnements logiciels, votre véhicule, votre local, rien n'est déductible. Vous payez vos charges sociales et votre impôt sur le brut, comme si vous n'aviez aucun frais. Pour un métier où ces postes représentent vite 15 à 25 % du CA, c'est un manque à gagner mécanique. Le troisième, c'est l'image : un maître d'ouvrage qui voit "auto-entrepreneur" sur votre devis pour un projet à 800 000 euros HT a un doute. Pour ces trois raisons, la micro convient à un démarrage très progressif ou à une activité d'appoint, pas à une véritable installation.

L'entreprise individuelle (EI) : la porte d'entrée la plus simple

Depuis la réforme de mai 2022, l'entreprise individuelle protège votre patrimoine personnel par défaut, sans avoir besoin de la fameuse EIRL. Vos biens personnels et professionnels sont juridiquement séparés, vos créanciers professionnels ne peuvent saisir que ce qui sert à votre activité. Cette protection automatique a remis l'EI au goût du jour pour les architectes qui s'installent seuls.

L'EI permet de déduire toutes vos charges réelles, vous êtes imposé sur votre bénéfice (ou pouvez opter pour l'IS), et la création est rapide auprès du guichet unique. Côté limites, vous restez seul : pas d'associé possible, pas de levée de fonds, et la transmission ou la cession sont moins fluides qu'en société. Si votre projet professionnel est de rester indépendant trois à cinq ans avant d'évaluer un changement, l'EI est souvent le bon point de départ. Si vous savez déjà que vous voulez vous associer ou recruter rapidement, mieux vaut commencer directement en société.

EURL et SASU : seul, mais en société

Quand vous voulez les avantages d'une société tout en exerçant seul, deux options se présentent : l'EURL (équivalent unipersonnel de la SARL) ou la SASU (équivalent unipersonnel de la SAS). Les deux séparent votre patrimoine de celui de l'entreprise, permettent d'embaucher, de vous associer plus tard sans changer de structure, et offrent un cadre plus crédible pour les marchés publics et les gros clients privés.

La différence majeure tient à votre statut social. En EURL, vous êtes travailleur non salarié (TNS), affilié à la SSI : vos cotisations sociales sont plus faibles (environ 40 à 45 % du revenu net), mais votre couverture maladie, retraite et chômage l'est aussi. En SASU, vous êtes assimilé salarié : vos cotisations atteignent 70 à 80 % du salaire net, en contrepartie d'une meilleure couverture (régime général, retraite des cadres, accidents du travail). Aucune n'est universellement supérieure : un architecte qui rémunère peu son travail et préfère verser des dividendes optera plus facilement pour la SASU, un architecte qui se verse une rémunération régulière et qui veut optimiser ses cotisations choisira plutôt l'EURL. Faites tourner les chiffres avec un expert-comptable avant de trancher, c'est le poste où l'écart annuel se chiffre en milliers d'euros.

SARL et SAS : quand vous vous associez

Dès que vous êtes deux ou plus, le choix se fait entre SARL et SAS. La SARL est plus encadrée par la loi : statuts standardisés, fonctionnement balisé, règles de majorité fixes. C'est rassurant quand vous démarrez avec un associé que vous connaissez bien et que vous voulez peu de surprises. La SAS, à l'inverse, offre une grande liberté statutaire : vous pouvez prévoir des actions de préférence, des règles de gouvernance sur mesure, des clauses d'agrément, des sorties forcées. C'est le format préféré dès qu'il y a plusieurs associés avec des poids différents, ou si vous envisagez de faire entrer un investisseur.

Sur le plan social, la logique est la même qu'en version unipersonnelle : gérant majoritaire de SARL est TNS, président de SAS est assimilé salarié. Sur le plan fiscal, les deux sont par défaut à l'IS, avec un taux à 15 % jusqu'à 42 500 euros de bénéfice puis 25 % au-delà. Pour une agence à plusieurs architectes qui veut se structurer durablement, la SAS est aujourd'hui le format dominant, parce qu'il permet d'évoluer sans refondre les statuts à chaque étape.

Les questions à vous poser avant de choisir

Le bon statut n'existe pas dans l'absolu, il dépend de votre projet à trois ans. Quatre questions concrètes vous orientent. Combien comptez-vous facturer la première année et la troisième année ? Si vous restez sous 50 000 euros de CA, l'EI suffit largement, inutile de vous compliquer la vie avec une société. Comptez-vous embaucher dans les deux ans ? Si oui, partez directement en EURL, SASU ou SAS pour éviter une transformation coûteuse douze mois après votre installation.

Avez-vous un projet d'association ? Si vous avez déjà un associé identifié, créez la société à deux dès le départ, c'est plus simple que d'intégrer quelqu'un dans une EI ou une EURL. Comment vous rémunérez-vous ? Si vous avez besoin d'un revenu régulier important, le statut TNS (EI, EURL gérant majoritaire) optimise vos cotisations. Si vous préférez un revenu modeste complété par des dividendes, la SASU ou la SAS sont plus adaptées. Ces quatre réponses font émerger le bon statut presque mécaniquement, sans avoir besoin d'être expert en fiscalité.

Le rôle de l'Ordre des architectes dans le choix de la structure

Quel que soit votre statut, l'inscription à l'Ordre des architectes est obligatoire pour exercer en France. L'Ordre encadre la forme des sociétés d'architecture : les associés exerçant en société doivent être majoritairement architectes au capital et au pouvoir de vote, et la dénomination doit comporter la mention "société d'architecture". Les sociétés inter-professionnelles (SPFPL, SCM, SEP) existent aussi pour structurer une activité avec d'autres professions du cadre bâti, mais elles sont plus rares et demandent un montage spécifique.

Concrètement, pour un architecte qui s'installe seul ou avec d'autres architectes, l'EI, l'EURL, la SASU, la SARL et la SAS sont toutes acceptées par l'Ordre dès lors que les statuts respectent les règles déontologiques et que vous justifiez de votre assurance décennale. L'Ordre peut vous accompagner sur ces aspects via son service juridique, c'est un appui à ne pas sous-estimer au moment de la création.

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