TVA des travaux de rénovation : 5,5 %, 10 % ou 20 % (guide architecte)
En rénovation, trois taux de TVA coexistent : 20 % par défaut, 10 % pour les travaux d'amélioration d'un logement achevé depuis plus de deux ans, et 5,5 % pour la rénovation énergétique. Vos honoraires d'architecte suivent en principe le taux normal de 20 %, mais ils peuvent bénéficier du taux réduit lorsque votre mission inclut la direction de l'exécution des travaux et que ces travaux y sont eux-mêmes éligibles. Depuis le 1er janvier 2025, l'attestation papier a disparu au profit d'une mention obligatoire sur le devis et la facture. Voici comment appliquer le bon taux et le sécuriser sur chaque projet.
Les trois taux de TVA applicables aux travaux de rénovation
Le taux de TVA sur les travaux dépend de deux critères : l'âge du logement et la nature des travaux. Un logement achevé depuis moins de deux ans, ou des travaux qui reviennent à produire un immeuble neuf (surélévation, agrandissement augmentant la surface de plus de 10 %), relèvent du taux normal de 20 %. Sur un logement d'habitation achevé depuis plus de deux ans, le taux intermédiaire de 10 % s'applique aux travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien. Le taux réduit de 5,5 % est réservé aux travaux d'amélioration de la qualité énergétique (isolation, pompe à chaleur, chauffe-eau solaire, menuiseries performantes) et aux travaux induits qui leur sont indissociables.
| Taux | Travaux concernés | Condition principale |
|---|---|---|
| 20 % | Construction neuve, agrandissement, logement de moins de 2 ans | Aucune condition d'ancienneté |
| 10 % | Amélioration, transformation, aménagement, entretien | Logement d'habitation achevé depuis plus de 2 ans |
| 5,5 % | Rénovation énergétique et travaux induits | Logement d'habitation de plus de 2 ans, matériaux éligibles |
Un point souvent oublié : le taux réduit ne s'applique que si l'entreprise fournit et pose les matériaux. Les matériaux achetés directement par votre client, puis simplement posés, restent taxés à 20 %. C'est une distinction que vous devez anticiper dès la consultation des entreprises, pour éviter de mauvaises surprises sur le budget final.
TVA sur les honoraires d'architecte : 20 % ou taux réduit ?
Vos prestations intellectuelles sont, par principe, soumises à la TVA à 20 %. Mais l'administration admet, sur le fondement de la doctrine reprise par l'Ordre des architectes, que vos honoraires suivent le taux réduit des travaux (10 % ou 5,5 %) à une double condition : les travaux eux-mêmes doivent être éligibles à ce taux, et votre mission doit inclure la direction de l'exécution des travaux, c'est-à-dire le suivi de chantier. Une mission de conception seule, sans suivi, reste facturée à 20 %.
Concrètement, si vous assurez une mission complète de maîtrise d'œuvre incluant le chantier sur une rénovation énergétique éligible, la part de vos honoraires correspondant au suivi peut être facturée à 5,5 % ou 10 %. Cette possibilité représente un vrai levier de compétitivité sur vos devis, à condition de la documenter proprement. Pour bien articuler cette question avec le reste de votre rémunération, appuyez-vous sur notre guide dédié à la facturation de vos honoraires d'architecte.
L'attestation de TVA remplacée par une mention sur le devis et la facture
Jusqu'en 2024, le client devait remettre à chaque entreprise une attestation papier (formulaire Cerfa) certifiant que les conditions du taux réduit étaient réunies. Depuis le 1er janvier 2025, cette attestation a été supprimée : elle est remplacée par une mention obligatoire portée à la fois sur le devis et sur la facture. Cette mention doit comporter l'identité du maître d'ouvrage, l'adresse du logement, sa date d'achèvement (ou le fait qu'il a plus de deux ans), sa destination d'habitation, la nature des travaux et le taux appliqué.
La responsabilité du bon taux pèse sur l'entreprise qui facture, mais le maître d'ouvrage certifie l'exactitude des informations. En cas de contrôle, un redressement de TVA assorti de pénalités peut viser aussi bien l'entreprise que le client. En tant qu'architecte, vous avez tout intérêt à sécuriser le circuit pour protéger votre maître d'ouvrage. Procédez en quatre étapes :
- Vérifiez l'éligibilité en amont : âge du logement (plus de deux ans), destination d'habitation et nature exacte des travaux prévus.
- Faites porter la mention réglementaire sur chaque devis d'entreprise avant signature, avec l'identité du client, l'adresse et le taux retenu.
- Contrôlez que la facture reprend la même mention et le même taux que le devis, poste par poste.
- Conservez une copie des devis et factures : l'entreprise doit les garder six ans, et votre dossier vous protège en cas de litige ultérieur.
Intégrer le bon taux de TVA dans votre estimatif travaux
Le taux de TVA a un effet direct sur le montant TTC que votre client doit financer. Un chantier de rénovation énergétique de 80 000 € HT coûte 84 400 € à 5,5 %, contre 96 000 € à 20 %, soit plus de 11 000 € d'écart. Annoncer un budget sans préciser le taux applicable, c'est prendre le risque d'un malentendu au moment de la consultation. Pour éviter ce piège, distinguez toujours le HT, le taux et le TTC dans votre estimatif travaux, et indiquez clairement les hypothèses de taux par lot.
Sur les opérations mixtes, où certains travaux relèvent du 5,5 %, d'autres du 10 % et d'autres du 20 %, la ventilation par lot devient indispensable. C'est le cas typique d'une rénovation de logement locatif mêlant isolation, réfection de salle de bains et création d'une extension. Suivre ces taux poste par poste tout au long du chantier fait partie intégrante d'un bon suivi financier de chantier, jusqu'au décompte final.
Les erreurs de TVA qui coûtent cher en rénovation
La première erreur consiste à appliquer un taux réduit à un logement de moins de deux ans : la condition d'ancienneté n'est pas remplie, et le redressement est automatique. La deuxième porte sur les travaux inéligibles glissés dans un devis à taux réduit, comme l'aménagement d'espaces verts ou l'installation d'équipements de loisirs (piscine, sauna), qui restent à 20 %. La troisième, plus discrète, concerne la fourniture de gros équipements dont la loi impose expressément le taux normal, même dans une rénovation par ailleurs éligible.
La dernière erreur est administrative : une mention incomplète ou absente sur le devis ou la facture. Depuis 2025, c'est ce document qui fait foi. Une mention oubliée peut suffire à faire requalifier l'ensemble au taux de 20 %, avec pénalités. Votre rôle de coordinateur consiste précisément à repérer ces angles morts avant la signature, quand ils sont encore corrigeables sans tension avec les entreprises ni avec votre client.
Questions fréquentes sur la TVA des travaux de rénovation
Quel taux de TVA pour les honoraires d'un architecte ?
Les honoraires d'architecte sont soumis à la TVA à 20 % par défaut. Ils peuvent suivre le taux réduit de 10 % ou 5,5 % uniquement si les travaux y sont éligibles et si la mission inclut la direction de l'exécution des travaux (le suivi de chantier). Une mission de conception seule reste taxée à 20 %.
Quelle est la différence entre la TVA à 10 % et à 5,5 % ?
Le taux de 10 % s'applique aux travaux d'amélioration, de transformation et d'entretien d'un logement de plus de deux ans. Le taux de 5,5 % est réservé aux travaux d'amélioration de la performance énergétique (isolation, chauffage performant) et aux travaux qui leur sont indissociablement liés.
Faut-il encore une attestation de TVA à taux réduit en 2026 ?
Non. Depuis le 1er janvier 2025, l'attestation papier Cerfa a été supprimée. Elle est remplacée par une mention obligatoire figurant sur le devis et sur la facture, précisant l'ancienneté du logement, sa destination, la nature des travaux et le taux appliqué. L'entreprise conserve ces documents six ans.
La TVA à taux réduit s'applique-t-elle si le client achète lui-même les matériaux ?
Non. Le taux réduit suppose que l'entreprise fournisse et pose les matériaux. Les matériaux achetés directement par le maître d'ouvrage, puis seulement posés par l'entreprise, restent soumis à la TVA à 20 %. Seule la main-d'œuvre de pose peut alors bénéficier du taux réduit.
Quel taux pour une extension ou une surélévation ?
Un agrandissement qui augmente la surface de plancher de plus de 10 %, ou une surélévation assimilée à une construction neuve, relève du taux normal de 20 %. Le taux réduit ne concerne que les travaux réalisés sur des surfaces existantes d'un logement achevé depuis plus de deux ans.
Qui est responsable en cas de mauvais taux de TVA ?
L'entreprise qui facture est responsable du taux appliqué, mais le maître d'ouvrage certifie l'exactitude des informations (ancienneté, destination du logement). En cas de contrôle, le redressement et les pénalités peuvent viser l'entreprise comme le client. L'architecte n'est pas redevable, mais son devoir de conseil l'engage à alerter en amont.
Pilotez vos budgets et vos taux de TVA lot par lot avec Kalm
Kalm centralise votre estimatif, vos devis d'entreprises et votre suivi financier de chantier. Vous ventilez les taux poste par poste, vous comparez HT et TTC en temps réel, et vous sécurisez votre devoir de conseil jusqu'à la réception.
Réserver une démo gratuiteSources : article 279-0 bis du Code général des impôts (Légifrance) et TVA et prestations d'architecte (Ordre des architectes). Cet article a une vocation informative et ne remplace pas l'avis de votre expert-comptable.
Gagnez 5 à 10h/semaine
sur votre gestion de projet
Tous vos outils dans un seul outil

Soignez votre relation client
.gif)
Planning chantier



