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Variantes et PSE dans un DCE : les prévoir, les chiffrer, les arbitrer

Variante libre, PSE ou option : les distinguer, appliquer la règle 2026 des variantes autorisées par défaut, intégrer les PSE au CCTP et à la DPGF, puis comparer et arbitrer les offres avec le client.

Dans un DCE, une variante est une solution différente de la solution de base, proposée par l'entreprise de sa propre initiative (variante libre) ou exigée par le maître d'ouvrage (prestation supplémentaire éventuelle, ou PSE). Les PSE s'ajoutent à la solution de base et le maître d'ouvrage décide, au plus tard à la signature du marché, s'il les retient. Depuis le 28 mai 2026, les variantes sont autorisées par défaut dans tous les marchés publics, sauf mention contraire dans les documents de la consultation. Pour l'architecte, la question n'est donc plus seulement juridique : il faut décider, dès la rédaction du DCE, ce que l'on autorise, ce que l'on impose et comment on comparera le tout.

Variante libre, PSE et option : trois notions à ne pas confondre

Le Code de la commande publique regroupe sous le terme de « variantes » à la fois les variantes proposées par les candidats et les prestations que l'acheteur leur demande de chiffrer en plus de la base, autrefois appelées options. Leur régime figure aux articles R2151-8 à R2151-11. Les options au sens strict relèvent d'une autre logique : ce sont des prestations prévues dès le marché initial, comme les tranches optionnelles ou les reconductions, que l'acheteur peut déclencher en cours d'exécution.

NotionQui en a l'initiativeQuand se décide-t-elleCe que vous rédigez dans le DCE
Variante libreL'entrepriseAu jugement des offres, en même temps que la baseAutorisation ou interdiction, exigences minimales, conditions de présentation
PSE (variante exigée)Le maître d'ouvrageAu plus tard à la signature du marchéDescription précise au CCTP, ligne de prix dédiée en DPGF, obligation ou faculté de réponse
Option (tranche optionnelle)Le maître d'ouvrageEn cours d'exécution, par affermissementDécoupage en tranches, délais et conditions d'affermissement au CCAP

En marché privé, aucun texte ne s'applique, mais la même distinction vous évitera des malentendus avec votre client : une PSE est un choix qu'il fait avant de signer, une option se déclenche plus tard, une variante libre est une proposition de l'entreprise que vous devez analyser.

Ce qui change en 2026 : les variantes autorisées par défaut

Jusqu'en mai 2026, la règle dépendait de la procédure. En procédure adaptée, les variantes étaient autorisées sauf mention contraire. En procédure formalisée, elles étaient interdites pour les pouvoirs adjudicateurs, sauf mention contraire dans l'avis de marché. La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique a unifié le régime : son article 17 crée un article L2151-2, en vigueur depuis le 28 mai 2026, selon lequel la présentation de variantes est autorisée sauf mention contraire, dans l'avis de marché pour les procédures formalisées et dans les documents de la consultation pour les procédures adaptées.

La conséquence pratique est directe : le silence du DCE vaut désormais autorisation. Si vous ne voulez pas recevoir de variantes sur un lot (parce que la solution technique est imposée par une contrainte patrimoniale, un avis de l'ABF ou une étude structure, par exemple), écrivez-le explicitement. Si vous les acceptez, encadrez-les : l'acheteur qui autorise ou exige des variantes doit mentionner dans les documents de la consultation les exigences minimales qu'elles respectent et leurs modalités de présentation. Mettez à jour vos modèles de règlement de consultation, beaucoup reprennent encore l'ancienne règle.

Prévoir des PSE dans le CCTP et la DPGF

L'acheteur peut exiger la présentation de variantes, c'est-à-dire de PSE, à condition de l'indiquer dans l'avis ou les documents de la consultation. Une PSE doit être en rapport direct avec l'objet du marché et décrite avec la même précision que la solution de base, à laquelle elle s'ajoute sans la remplacer. Multiplier les PSE revient à admettre que le besoin n'est pas défini, ce qui rend les offres difficiles à comparer et fragilise la consultation.

Les bonnes PSE correspondent à de vrais arbitrages que votre client ne peut pas trancher avant de connaître les prix : remplacement des menuiseries extérieures en plus de l'isolation, carrelage grand format plutôt que standard, création d'une salle d'eau supplémentaire, végétalisation d'une toiture-terrasse. Chacune fait l'objet d'un article identifié dans le CCTP, rédigé en plus-value ou en moins-value par rapport à la base, et d'un bloc de lignes séparé dans la DPGF, avec son propre sous-total. Précisez enfin dans le règlement de consultation si les entreprises sont obligées de chiffrer les PSE ou si elles en ont seulement la faculté. Une PSE facultative que la moitié des candidats ne chiffre pas devient inexploitable.

Comparer les offres avec et sans PSE en 5 étapes

Les offres de base et les variantes sont jugées selon les mêmes critères, ce qui impose de les comparer sur un périmètre strictement identique. La décision de retenir ou non une PSE, elle, appartient au maître d'ouvrage et ne découle pas de la notation. Pour éviter tout soupçon de choix orienté, suivez cet ordre :

  1. Vérifiez que chaque offre contient la base complète et toutes les PSE obligatoires, chiffrées dans les lignes prévues.
  2. Isolez les sous-totaux : base seule, puis chaque PSE séparément, pour chaque entreprise et pour votre estimatif travaux.
  3. Présentez au maître d'ouvrage le coût de chaque PSE par entreprise et l'enveloppe totale selon les combinaisons envisageables, au regard de son budget.
  4. Faites arrêter par le maître d'ouvrage la liste des PSE retenues, identique pour tous les candidats, en la traçant par écrit.
  5. Notez et classez les offres sur le périmètre arrêté (base plus PSE retenues), puis consignez la combinaison choisie dans le rapport d'analyse.

Le point de vigilance est l'ordre des étapes 4 et 5. Un classement qui change selon les PSE retenues est fréquent : si le choix des PSE intervient après avoir vu qui arrive en tête, il devient contestable. Annoncez dans le règlement de consultation la règle de prise en compte des PSE dans le jugement, et appliquez-la à tous. Notre article sur l'analyse des offres en marché public de travaux détaille la suite, jusqu'au rapport.

Analyser une variante libre sans fausser la concurrence

Une variante libre est utile quand une entreprise connaît une mise en œuvre plus économique ou plus performante que celle que vous avez décrite. Elle devient un problème quand elle dégrade discrètement le programme. Votre analyse doit donc répondre à trois questions : la variante respecte-t-elle les exigences minimales du DCE, remplit-elle le même besoin, et quel est son impact réel sur le coût global, entretien et délais compris ?

Exigez qu'elle soit présentée séparément de l'offre de base, avec sa propre décomposition de prix et une note technique qui liste précisément ce qui change par rapport au CCTP. Vous pouvez aussi imposer dans le règlement de consultation que toute variante accompagne une offre de base, pour garder un point de comparaison commun. Une fois retenue, la variante devient la référence contractuelle : reportez ses spécifications dans le marché, sinon vous discuterez en chantier, sous forme d'avenants et plus-values, de ce qui était réellement inclus.

Arbitrer les variantes avec le client avant la signature

Les PSE sont aussi des décisions de projet, que votre client prend avec des prix réels sous les yeux. Préparez cet arbitrage comme une réunion à part entière. Montrez pour chaque PSE le surcoût moyen, l'écart entre entreprises et l'incidence sur le planning, puis faites valider par écrit la combinaison retenue. Ce document vous protège : six mois plus tard, quand le client demandera pourquoi la salle d'eau supplémentaire n'a pas été réalisée, vous aurez sa décision datée.

Dans Kalm, cet arbitrage se fait directement dans la consultation. Les offres des entreprises s'alignent ouvrage par ouvrage sur la DPGF issue de votre descriptif, et vous construisez des scénarios d'arbitrage (avec ou sans telle option, telle variante) pour comparer les montants avant de choisir. Le devis retenu devient ensuite un marché, et le budget travaux se suit jusqu'à la réception. Pour structurer la consultation elle-même, lisez notre guide sur la consultation d'entreprises.

FAQ : variantes et PSE dans un DCE

Qu'est-ce qu'une PSE dans un marché de travaux ?

Une prestation supplémentaire éventuelle est une prestation que le maître d'ouvrage demande aux entreprises de chiffrer en plus de la solution de base, sans s'engager à la commander. Il décide de la retenir ou non au plus tard à la signature du marché. Le Code de la commande publique la traite comme une variante exigée par l'acheteur.

Quelle différence entre une variante et une PSE ?

La variante libre vient de l'entreprise, qui propose une solution différente de celle du DCE. La PSE vient du maître d'ouvrage, qui la décrit lui-même dans le CCTP et la fait chiffrer à part. Les deux sont jugées selon les mêmes critères que l'offre de base, mais seule la PSE s'ajoute à la base au lieu de la remplacer.

Les variantes sont-elles autorisées par défaut en marché public ?

Oui depuis le 28 mai 2026. L'article L2151-2 du Code de la commande publique, créé par la loi du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique, autorise les variantes sauf mention contraire, dans l'avis de marché en procédure formalisée et dans les documents de la consultation en procédure adaptée.

Les entreprises sont-elles obligées de chiffrer les PSE ?

Cela dépend de ce que prévoit le règlement de consultation. L'acheteur peut rendre la réponse aux PSE obligatoire ou simplement facultative. Pour comparer les offres sur une base identique, il est préférable de rendre obligatoires les PSE que le maître d'ouvrage envisage sérieusement de retenir, et de ne pas en prévoir d'autres.

Combien de PSE prévoir dans un DCE ?

Aucun nombre n'est fixé, mais il faut rester limité : chaque PSE complique la comparaison et un grand nombre de PSE laisse penser que le besoin n'est pas défini. Réservez-les aux arbitrages que le client ne peut pas trancher sans connaître les prix, en pratique quelques-unes par lot au maximum.

Une option est-elle une PSE ?

Non. L'option, comme une tranche optionnelle ou une reconduction, est prévue dans le marché et peut être déclenchée en cours d'exécution, sans nouvelle mise en concurrence. La PSE se décide au plus tard à la signature. Les besoins apparus en cours de chantier relèvent quant à eux d'une modification du marché, par avenant.

Arbitrez vos variantes avec des prix réels

Dans Kalm, les offres s'alignent sur votre DPGF et vous comparez plusieurs scénarios d'arbitrage, avec ou sans options et variantes, avant de transformer le devis retenu en marché.

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